Saint Jacques et Compostelle - Inventaire du patrimoine

Saint-Jacques

La possédée de Toulouse
exorcisée à Oviedo(XIIe)

Localisation : Toulouse 31555 - Haute-Garonne - Midi-Pyrénées - France
Sexe : F
Eléments biographiques : Un texte du XIIe siècle conservé à Cambrai raconte l'histoire d'une possession par le Diable et d'un exorcisme réussi à Oviedo.
Une fille née de relations illégitimes, maudite par sa mère avant la naissance est donnée au démon à l’âge de sept mois. C’est lui qui élève l’enfant, pendant 16 ans. Il lui fait mener une vie digne d’une reine. Il la fait voyager par les airs et l’a toujours nourrie d’herbes crues. Au début de la 17e année de la jeune fille, le diable arriva avec sa protégée dans une abbaye de moines noirs, en terre d’Aragon à côté de la « cité ditte Jacca vers le Port d’Aspre ». Il la laissa un moment seule. C’est alors que saint Jacques apparut. Furieux, le diable pénétra dans le corps de la jeune fille. Les moines la recueillent. Au bout d’une année, ils l'envoient demander sa guérison au saint Sauveur ou à saint Jacques.
Le cadre du drame se situe entre Jaca et Oviedo. Le récit ne livre rien du lieu où la jeune fille est née et a passé son enfance, si ce n’est Toulouse mentionnée dans les dernières lignes du texte comme étant à dix-huit jours de marche d’Oviedo.

PELERINAGE

Date :
v. 1120

Siècle :
XIIe

Type :
problème familial

Lien avec Compostelle :
oui

Attestation :
imaginaire

Période historique :
Louis VI (1108-1137)

Evènements liés au pèlerinage :
apparition de saint Jacques

Passage remarquable :
Jaca - Espagne

Pèlerinage :
La jeune possédée part à Oviedo : elle prit sa besace et son bourdon et se mit en route pour Oviedo qui possédait des reliques de la Croix et de saint Jacques, une route longue de plus de 600 km. A Santayana (Saint Jagon), elle rencontra cinq chevaliers originaires de Jaca qui lui donnèrent chacun un pain. En chemin, elle passa cinq ponts et sur chacun elle fut tentée par le diable de se jeter à l’eau. Mais les cinq aumônes la protégèrent de cette tentation.
Arrivée à Oviedo, elle entra dans l’église et se prosterna devant les saintes Reliques. Le Malin chercha à se rendre maître d’elle en hurlant les paroles habituelles et le chanoine gardien jeta son étole sur la jeune fille en intimant l’ordre au démon de la quitter. La jeune fille gémissait : —« j’étouffe, j’étouffe ». Voyant le corps gonfler, le chanoine desserra l’étole, ce qui permit au diable de demander qu’on l’interroge, sinon il dénoncerait les mauvaises actions des rois, comtes, princes, potentas, évêques, légats, clercs, prêtres, riches et pauvres, savants et ignorants. Le chanoine ordonna au diable de sortir de la possédée, mais le démon répondit qu’il aimait trop sa protégée pour le faire.
L’archidiacre ordonna que l’on amène la Croix des Anges, mais le Malin ne prit pas la fuite. La malheureuse recommença à étouffer, à gonfler. Sa bouche se remplit de fiel, elle ne pouvait plus parler. On éloigna la relique. L’archidiacre ordonna alors une lecture de l’Evangile. Il reste encore. L'archidiacre demande alors aux nombreux enfants présents de demander au diable de partir. Il ne cède que devant les reliques de saint Jacques. A la fin, le diable partit définitivement en lançant un terrible aboiement.
Et elle cessa de manger des herbes crues et mangea du pain et des aliments dont se nourrit la nature humaine.
Après son exorcisme, elle partit pour Saint-Jacques, Sainte-Marie de Rocamadour et Saint-Thomas de Cantorbery, puis vers Jérusalem et le Saint-Sépulcre.

Chemin suivi :
Jaca. Saint-Sauveur d'Oviedo
En 1228, Alphonse IX promulgua une constitution en faveur des pèlerins à Saint-Jacques et à Saint-Sauveur puis Alphonse X le Sage définit dans les Partidas les pèlerins comme ceux qui « vont en pèlerinage à Saint-Jacques ou à San Salvador d’Oviedo ». La cathédrale actuelle, construite entre les XIVe et XVIe siècles, englobe les édifices anciens au Saint-Sauveur.

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