Saint Jacques et Compostelle - Inventaire du patrimoine

Saint-Jacques

Paris - Saint-Jacques de la Boucherie - tour Saint-Jacques(12e -16e)

Localisation : - Paris - Ile de France - France
Catégorie architecturale : architecture religieuse
Nature : église
tour

Localisation commune : Paris 75056
Emplacement : rue de Rivoli
Première mention : 1119
Existence actuelle : oui
Etat de conservation : mauvais
Commentaires sur l'état de conservation : il ne reste que la tour
Description :
La fondation la plus ancienne est celle de Saint-Jacques, dite seulement au XIIIe siècle “ de la Boucherie ” parce que financée par les puissants bouchers de Paris

Histoire :
Passe pour avoir été fondée par Charlemagne. C’est ainsi que la présente le Turpin, “ entre la Seine et le mont des Martyrs (Montmartre) ” : 27 novembre 1119 dans une bulle de Calixte II en visite en France : in suburbio Parisiace urbis, ecclesiam sancti Jacobi cum parochia. Entre 1144 et 1148 avaient eu lieu des travaux d’agrandissement , dont la construction d’une partie du chevet, la dénomination “ boucherie ” étant apparue en 1259 . Aux XIVe-XVe siècles, d’autres grands travaux doublent la surface de l’église, avec en particulier le financement par Nicolas Flamel du portail nord dit portail Saint-Jacques. Le 26 décembre 1505, on décide de construire un nouveau clocher, sans détruire celui du XIIe siècle, avec l’argent d’une donation. Ce clocher-tour est construit par Jean de Felin, Julien Ménart et Jean de Revier. Il mesure 52 mètres jusqu’à la balustrade. En 1523, Rault, “ tailleur d’images ” reçut 20 livres “ pour avoir fait trois bêtes [trois des quatre symboles des évangélistes] et un saint Jacques sur la tour et clocher ”. Cette statue colossale mesurait, dit-on, 10 m. de haut. L’église est achevée en 1565. En 1793, elle fut saccagée de fond en comble, vendue en 1798 et démolie peu après.
On dit que la tour ne fut pas démolie parce que Pascal y aurait fait ses expériences sur la pesanteur. Il est vrai que l’acheteur de l’église a eu comme condition de ne pas démolir la tour. En 1824 on y installe une fonderie de plombs de chasse. En 1836, elle est rachetée par la Ville de Paris. En 1850, le Moniteur rapporte qu’on installe au sommet un “ superbe phare qui sera illuminé par la lumière électrique qui doit éclairer tout le quartier ”. En 1852 les travaux engagés à l’occasion du percement de la rue de Rivoli font décider de la restauration du “ délicieux beffroi de Nicolas Flamel ”. Les travaux sont colossaux, ordonnées par l’architecte Baltard et dirigés par Théodore Vacquier et l’ingénieur Roussel. La tour est entièrement reprise depuis les fondations, les parties basses presque entièrement refaites, ainsi que plus de vingt statues. De 1854-1858 la restauration est confiée à l’architecte Théodore Balu. La statue de saint Jacques, abattue à la Révolution, est remplacée par une autre, due à Chenillon, lequel a fait une maquette en plâtre dont il reste la tête dans l’église Saint-Jacques d’Illiers-Combray. Autour, fut créé le premier square de Paris.
En 1852 les travaux engagés à l’occasion du percement de la rue de Rivoli font décider de la restauration du “ délicieux beffroi de Nicolas Flamel ”.

Matériau :
pierre

Propriétaire actuel :
ville de Paris

depuis :
1836

Protection :
Inscrite en 1998 au Patrimoine* Mondial de l’UNESCO* au titre des chemins de Compostelle

Description sanctuaire :
Cette église paroissiale fut en même temps église de pèlerinage, ainsi qu'en atteste la mention suivante dans les comptes de 1411 :“ Le 25e jour de juillet qui fut le jour de la fête de monseigneur saint Jacques, vint le roi [Charles VI] notre Seigneur en pèlerinage en ladite église ”. Un roi ne vient en pèlerinage que dans un lieu anciennement et unanimement reconnu comme un sanctuaire réputé. Pas de pèlerinage sans reliques, et ici elles sont nombreuses : dans le cérémonial de 1478, elles sont désignées 53 fois par ces mots “ reliques ”, “ joyau ”, “ ymaige ”, “ châsse ”, “ reliquaire ”. Un inventaire de 1698 énumère : “ une côte de saint Jacques le Majeur, un doigt, une dent, une autre relique, une relique de saint Jacques le Mineur ”. Le cérémonial décrit ces jours solennels de pèlerinage qui se répètent quatre fois dans l'année : le 25 juillet, le 6 octobre (fête de la Dédicace de l'église), le 30 décembre (fête de la Translation de saint Jacques à Compostelle) et le 1er mai. Une grande procession parcourt la paroisse selon un itinéraire immuable, organisée derrière les statues et les reliquaires de saint Jacques portés par les chapelains revêtus de leurs costumes d'apparat. S'y ajoutent croix, encensoirs et bannières portés par un nombre impressionnant de prêtres. Pendant toute la journée, les pèlerins peuvent se recueillir devant ces statues et reliquaires qui restent exposés. Jusqu’au XVIe siècle, le 30 décembre fut un jour chômé. Cette église fut la paroisse de Nicolas Flamel, qui lui légua sa fortune.

Sanctuaire :

Sanctuaire :
oui

Images liées